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samedi 11 novembre 2006 à 22:42
Message
#1
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![]() Advanced Member Groupe : Chroniqueurs Messages : 147 Inscrit : 29/10/2005 |
On disait les Desperate Housewives décalées, Weeds l’est encore plus !
Weeds, comprenez en anglais, « beuh » est le nom de cette série créée par Janji Kohan qui a vu le jour sur la chaîne à péage Showtime en 2005. A la première saison qui ne compte que 10 épisodes, s’ajoute désormais une deuxième, dont la diffusion vient de s’achever aux Etats-Unis, et une troisième qui a d’ores et déjà été commandée. Faire une série sur la vie dans les banlieues chiques est devenu à la mode avec le succès des Desperates Housewives, mais Weeds adopte un ton complètement différent de celui de nos femmes désespérées, beaucoup plus grinçant et acerbe. Ce ne sont pas que les femmes au foyer des banlieues chiques qui en prennent pour leur grade mais toute la société américaine en générale et même son président en personne,George W. Bush. Le générique met tout de suite dans l’ambiance de la série. On y voit une banlieue aisée avec ses maisons identiques, et ses habitants au même parcours professionnel, habillés de la même façon, faisant les mêmes activités, possédant la même voiture et ayant la même mentalité. La chanson du générique décrit tout cela et explique que tous ces gens se sont enfermés dans de petites boîtes où ils sont maintenant prisonniers malgré eux. L’histoire de la série est celle de Nancy Botwin, jouée par l’excellente Mary Louise Parker, (A la maison blanche), jeune mère de famille dont le mari vient brutalement de décéder d’une crise cardiaque la laissant avec deux garçons de 15 et 10 ans à élever. Comment subvenir aux besoins de la famille désormais sans ressources ? Et surtout comment maintenir leur train de vie dans cette banlieue chique de d’Agrestic ? Nancy décide alors de vendre de la drogue à ses voisins. Sur les conseils de son beau-frère, elle rencontre ses futurs fournisseurs et commence à monter un petit business. Elle se rend très vite compte qu’il y a un véritable marché dans sa banlieue. Ses voisins sont friands de petits pétards pour oublier les tracas du quotidien et sont de gros consommateurs. Seulement, on ne s’improvise pas dealer surtout quand la place est déjà prise. Nancy doit donc apprendre les règles de ce genre de business et à dealer, sans mauvais jeux de mots, avec ses fournisseurs et ses concurrents. S’ensuit alors une série drôle, décalée, un brin provoc’ mais pas dans la caricature. Une véritable satire de la vie à l’américaine régie par la sacro-sainte loi de « sauvons les apparences ». Tous les travers de la société américaine y passent, le puritanisme poussé à l’extrême qui considère le sexe comme un véritable tabou, la société de consommation et le capitalisme qui pousse les gens à être de plus en plus matérialistes et individualistes, l’attitude ambiguë des Etats-Unis qui se targuent d’être une nation cosmopolite car constituée d’immigrées européens du temps du Mayflower, mais qui en réalité est un mixe de plusieurs communautés cohabitant tant bien que mal ensemble. Dans Weeds, les hispaniques, très nombreux en Californie, sont systématiquement des bonnes de « riches blanches » ou des dealers et les noirs des dealers puisque les fournisseurs de Nancy sont noirs. La « baronne » qui fournit Nancy ne cesse de la stigmatiser en l’appelant « Blanche-neige », ou « femme blanche », lui montrant ainsi qu’elles ne sont pas de la même catégorie, mais au final elles jouent dans la même cours puisque l’une fournit la drogue et l’autre la vend. Les rapports qu’entretiennent les américains entre eux sont à l’image de ce qui se passe dans la série, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et chacun porte une étiquette de part son origine. Un exemple. Lors d’un épisode, une cargaison de bouteilles de coca tombe sur la maison de Célia Hodes, voisine et amie de Nancy jouée par Elizabeth Perkins, détruisant ainsi complètement la pièce. Dans ce même épisode, Nancy, de visite chez ses fournisseurs, essuie une pluie de balles. La « baronne » se relève après l’attaque et dit « Shit ! Les blancs se prennent du soda, les noirs se prennent des balles ». Réplique qui peut sembler anodine vu le contexte, cependant on peut y voir une critique de la société américaine dans laquelle même si sur papier les noirs et les blancs sont égaux, dans la réalité, la chanson n’est pas la même. Là est tout l’art de la série, aborder des sujets qui fâchent avec subtilité et sans provocation gratuite. Le message passe mieux ainsi. La différence ethnique et sociale n’est pas le seul sujet traité dans la série. Il est aussi beaucoup question de sexe, entre adultes, entre ados et même entre gays, avec des scènes parfois assez crues comme dans Nip/tuck mais en moins trash. Cependant, ces dialogues en dessous de la ceinture sont dits avec un tel naturel qu’ils font rire. Ils bousculent un peu le puritanisme des américains, qui à l’instar du personnage de Célia Hodes préfèrent prétendre que les problèmes et certains sujets n’existent pas plutôt que d’y faire face. La série les oblige à s’y confronter mais toujours avec intelligence et subtilité. Hormis le sexe, la série oblige son public à parler sans se cacher de drogues et de dealers, ce qui est nouveau dans le paysage audiovisuel américain. Ecrire une série autours de ce sujet était un pari risqué dans cette Amérique moralisatrice et soucieuse de son image, mais fort heureusement, le public a suivi. Weeds n’a aucune auto censure et fustige ouvertement la guerre en Irak et le Président Bush, qui, sous entendu dans la série, devait être complètement sous l’emprise de la drogue pour avoir mené toute cette « fausse » guerre. A une époque où l’on sait que les pressions du gouvernement américain existent à l’encontre des anti-guerre en Irak, le tour de force de Weeds est à saluer d’autant plus. Et comme si cela ne suffisait pas, le capitalisme incarné par les Etats-Unis est lui aussi brocardé sans arrêt. D’abord cette banlieue formatée avec ses gens identiques ne pensant qu’à leurs biens matériels et à comment les garder, ensuite, cette incroyable besoin, presque maladif des américains d’afficher leur réussite financière. Impossible de se soustraire à cette mentalité bien américaine et c’est pourquoi Nancy Botwin cherche une solution alternative pour continuer à faire partie de cette société. La série pose ainsi plusieurs questions en filigrane : cette pression de la société américaine sur ses membres pour afficher la meilleure réussite professionnelle et financière ne pousse-t-elle pas certain de ses membres à faire de mauvais choix ? Sauver les apparences est-il plus important que d’avouer son échec, chose inacceptable dans cette société ? Les apparences, parlons-en. Voici encore un sujet capital dans la société américaine. L’apparence physique est primordiale. Célia Hodes, voisine de Nancy est obsédée par la perte de poids de sa fille. Elle argue que c’est pour son bien et que si elle veut être acceptée dans la société, elle doit absolument être mince car les Etats-Unis n’aiment pas les gros. Critique très dure de la part des scénaristes qui mettent ici en évidence le culte de la beauté et de la minceur, particulièrement vrai en Californie où la série est tournée. La minceur est un véritable diktat de la société américaine, oppressant, et tellement ancré dans les mentalités, qu’il est devenu un facteur de réussite obligatoire. Qu’elle est cette société où le beau compte plus que tout ? Mais le beau existe-t-il vraiment, à l’image de cette banlieue abritant pas mal de secrets inavouables ? Rien n’est moins sûr. En effet, les habitants de cette banlieue sont beaux à l’extérieur mais si on creuse un peu, l’une fauchée se met à vendre de la drogue, l’un trompe sa femme avec sa prof de tennis, l’autre est un dealer et aime les hommes, les autres sniffent constamment de l’herbe sachant très bien que c’est illégal et la liste n’est pas exhaustive. On ne peut pas dire que ce sont de parfaits américains, biens sous tous rapports, mais le message de la série est : ces gens là sont imparfaits, tant mieux ! Ainsi la société ne formate pas que des clones voués à la même existence, ce que tend à faire les Etats-Unis en imposant un mode de pensée pour tous. Ce ton satirique et drôle est ce qui rend cette série si atypique et intéressante, hormis son casting de premier choix. Diffusée sur une chaîne à péage, on peut penser que tous les américains n’y ont pas accès et que donc personne n’a eu à se plaindre de Weeds pour le moment et de son politiquement incorrect. Souhaitons que cela continue car il est agréable de voir que les américains sont capables d’une telle auto critique et d'un tel brio en la réalisant. Cette qualité de scénario et cet humour décalé n’ont bien évidemment pas échappé aux chaînes internationales. En France, c’est Canal+, séduit, qui en a acquis les droits et diffusera la série prochainement. Etant donné l’esprit Canal, on n’aurait pas imaginé qu’elle soit sur une autre chaîne. Alors réjouissons nous! Canal+ a déjà créé l’évènement en diffusant Desperate Housewives, nul doute qu’elle fera sensation en diffusant Weeds. |
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mardi 14 novembre 2006 à 11:57
Message
#2
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![]() Dhorasso du Forum ![]() ![]() ![]() Groupe : Membres Messages : 904 Inscrit : 19/02/2005 Lieu : Mourmelon le grand Age : 20 ans |
canal + diffusé weeds il y a quelques temps apres desperate housewife mais je n'ai aps pris la peine de regarder la série, m'enfin c'est pas grave M6 aime ce genre de serie donc il vont surement la racheter er la diffuser en prime time
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mardi 14 novembre 2006 à 14:43
Message
#3
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Marcel Pagnol Groupe : Administrateurs Messages : 820 Inscrit : 08/05/2004 Genre : homme |
canal + diffusé weeds il y a quelques temps apres desperate housewife mais je n'ai aps pris la peine de regarder la série, m'enfin c'est pas grave M6 aime ce genre de serie donc il vont surement la racheter er la diffuser en prime time T'es aussi bon devin que Domenech toi... WEEDS ACTU |
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