sur ce, à bientôt pour un nouveau chapitre, et n'oubliez pas de donner votre avis
__________________________________
Chapitre 1
00 :58 GMT
Harm était encore à l’hôpital.
Il y passait le plus clair de son temps.
Il ne dormait pas, ne mangeait pas.
Mais il la regardait. Il regardait Mattie en espérant qu’elle aille mieux.
Espérant qu’elle ne lui soit pas enlevée. Pas maintenant.
Il l’aimait tant. Mattie avait été son rayon de soleil lorsque Mac et lui avaient commencé à s’éloigner l’un de l’autre. A être comme des étrangers.
Il ne voulait surtout pas la perdre.
Harm en était à son énième café lorsqu’il céda à cette envie pressante qui le tiraillait depuis quelques heures.
Une fois arrivé dans les toilettes il se dépêcha, ne voulant pas qu’elle se réveille sans lui à ses côtés.
Harm se lava les mains puis se rinça le visage.
Il se remémora alors le moment où Mac était venue le voir, lui offrant son aide. Qu’il avait refusé.
Il regarda son reflet dans le miroir et soupira. Il avait encore agi comme un crétin.
Il réalisa qu’il ne voulait pas non plus perdre Mac.
Mais les pensées du capitaine s’égarèrent et il repensa à la soirée du départ en retraite de l’amiral. Cette phrase qu’il lui avait dite : « J’en ai assez de regarder dans votre vie Mac, je veux en faire partie… »
Mais cette fois ce fut elle qui l’avait repoussé.
S’en voulait-elle ? Probablement pas au vu de la relation qu’ils entretenaient depuis cette époque. Les larmes lui montèrent aux yeux.
Depuis cette époque ? Non, bien avant cette soirée.
Depuis le Paraguay, depuis Webb, depuis qu’il avait démissionné pour la sauver, depuis qu’il s’en voulait de l’avoir laissé partir, depuis cette stupide promesse d’avoir un enfant, depuis le Guadalcanal, Renée, Mic, depuis leur baiser sous le porche de l’amiral…
Oui, tout avait commencé là. Ou plutôt tout s’était arrêté. Car son amour pour Mac était présent en lui bien avant les problèmes qu’ils rencontrèrent.
Mac. L’amie, la collègue, la militaire… la femme.
La femme qui possédait son cœur, son âme.
Il avait longtemps cru qu’il pourrait passer outre ses sentiments pour elle, vivre sa vie sans qu’elle accapare ses pensées… Mais c’était peine perdue. Elle était toujours là.
Et pour ça il l’en remerciait au plus profond de lui-même.
Il la faisait souffrir, et elle revenait à chaque fois.
Ce n’était sûrement qu’une question de temps avant que tout cela ne change.
La porte qui s’ouvrit le ramena à la réalité.
Mattie. L’autre femme de sa vie. Qu’il ne laisserait jamais tomber.
Il s’essuya les mains et retourna la rejoindre.
Quand il arriva devant la chambre de Mattie, il fut surpris, troublé, ému. Elle était là. Encore. Toujours.
Harm se plaça derrière le mur de manière à ce qu’elle ne l’aperçoive pas. Puis il la contempla.
D’un cœur rempli de chagrin, il passa à un cœur rempli de joie. Elle était belle, elle était touchante, elle était désirable… elle était là.
Là pour lui, là pour Mattie.
Mac se retourna pour poser son sac ainsi que sa veste et c’est alors qu’elle le vit.
Ils se regardèrent un instant dans les yeux, leurs cœurs battant à tout rompre, puis ils se détournèrent, gênés.
Mac l’avait surpris en train de la déshabiller du regard, un regard qu’elle n’avait plus vu depuis longtemps.
Harm se décida à aller la retrouver.
Lorsqu’il s’approcha d’elle, elle anticipa sa première question :
-Je ne suis pas là depuis longtemps. Et je le regrette. J’aimerais pouvoir faire quelque chose.
Mac le regarda, et Harm passa du visage de sa collègue à celui de Mattie, en soupirant.
-Moi aussi Mac. Mais pour l’instant il n’y a rien à faire à part attendre.
Il croisa les bras et s’avança vers la vitre qui le séparait de sa pupille, et soupira de nouveau.
Harm sentit alors le contact des mains de Mac sur ses bras, il se retourna et la regarda.
Un ange passa et ils s’observèrent. 30 secondes ? Peut-être plus. Avec le temps ils avaient acquis la faculté de lire dans les pensées de l’autre.
A travers ses yeux noisettes, Harm comprit ce que Mac essayait de lui dire grâce au geste tendre qu’elle avait provoqué.
« Je suis là Harm. Tout va bien se passer. »
Il l’aimait plus que tout. Et se dit qu’il fallait qu’il trouve le courage de le lui dire.
Harm ouvrit la bouche et se surpris lui-même avec la question qu’il lui posa :
-Mac, est- ce que vous avez dîné ?
« Quoi c’est tout ?! » se dit-il.
-Oui, mais je suppose que vous non ?
Il baissa la tête et Mac lui proposa alors d’aller manger un morceau à la cafete mais il refusa, de peur de laisser Mattie toute seule.
Harm elle ne va pas s’envoler.
-Et si jamais elle se réveillait ? Je veux être auprès d’elle.
-Ham vous avez dit vous-même que vous n’y pouviez rien. Alors vous n’allez pas vous laisser mourir de faim.
Et puis les médecins s’occupent très bien d’elle.
Harm jeta un coup d’œil à Mattie et il se rendit compte que Mac avait raison.
Il ne pouvait rien faire.
Il se résolut donc à l’accompagner à la cafétéria.
Dans le couloir, ils se tenaient à une distance qui déplut quelque peu à chacun, même s’ils étaient aussi gênés l’un que l’autre.
Tout en marchant, ils regardaient leurs pieds, Mac croisant les bras et Harm les mains dans les poches. Ce dernier, se rappelant ses pensées de tout à l’heure, rompit le silence qui s’était installé entre eux.
-Merci Mac. Merci d’être là.
Elle se mit à sourire, tout en regardant encore ses pieds.
-C’est normal Harm, vous feriez la même chose pour moi.
-Non je voulais dire, merci… d’être là. Dans ma vie.
Elle se tourna vers lui, attendant la suite avec impatience.
Après tout ce que nous avons vécu, j’aurais pensais que vous voudriez partir le plus loin possible de moi. Ca serait légitime.
-Harm, c’est justement grâce à tout ce qu’on a vécu que je suis encore là.
Elle lui offrit un merveilleux sourire, lui caressa la joue, et entra dans le réfectoire, laissant Harm désemparé quelques instants.
Allant à sa suite, il se dit qu’il était fou d’elle, et qu’il ne fallait pas qu’il la laisse partir à nouveau.
A suivre...
