Le phénomène serial-addiction, né aux USA aura vite fait de traverser l'atlantique pour s'implanter sur nos petits écrans. Pour s'en convaincre, il suffira de noter la déchéance subite des long-métrages de cinéma en faveur de la nouvelle génération des séries américaines.

Le cinéma , jadis véritable eldorado pour les chaines télé et les annonceurs de pub, s'est vu relégué au second rang par les séries tv d'outre atlantique. Volume horaire croissant, articles dans la presse, succès populaire... autant de symptomes du règne sans partage des séries américaines sur le petit écran.

Lost, 24, Friends, Les Experts, FBI Portés Disparus ,Nip/Tuck ont réussi l'incroyable exploit de ravir la vedette aux mégastars hollywoodiennes. Sinon comment expliquer que TF1 abandonne sa sacro-sainte séance cinéma du dimanche soir au profit des Experts? Selon Etienne Mougeotte , vice- président de la chaine, ce revirement dans la programmation vise à « renforcer le leadership de la chaine le dimanche soir », et ce au vu des gamelles des blockbusters proposés par TF1 le dimanche face à la série phare de France2 : FBI Portés Disparus.

Comment décrypter cette "séries-tendance" inédite qu'enregistre le PAF? On pourrait avancer l'argument de la qualité indéniable, des scénarios inventifs, de la réalisation brillante et des sujets innovants. De plus en plus audacieuses, les séries américaines flirtent désormais sans appréhension avec le "politiquement correct " et le "tendancieux" et ne craignent plus les censeurs ni les moralistes. Qu'elles aient pour thèmes le sexe, la politique,ou encore la famille, les séries tv ne craignent plus les sujets tabous et "osent" de plus en plus. Les séries édulcorées, aux thèmes étudiés à la loupe pour ne pas choquer le puritanisme légendaire des spectateurs sont aujourd'hui quasiment obsolètes.

Les producteurs de télévision ont bien compris que les spectateurs exigent plus d'imagination et d'audace en plus d'éprouver le besoin de s'identifier aux personnages des séries qu'ils suivent. Ce mimétisme des spectateurs par rapport aux héros semblent être la clé de voute de cet incroyable succès. La longévité et la richesse des scénarios proposés par les séries semblent donc plus aptes à créer ce rapport d'intimité indispensable qui doit perdurer le plus longtemps possible. D'où l'avantage certain des séries sur les longs-métrages, ces derniers ne possédant pas ces qualités de pérénité et régularité qu'ont les séries tv.

La légendaire industrie cinématographique américaine éprouve de sérieuses difficultés à résister à la montée en puissance des séries, d'ailleurs les stars du grand écran s'investissent de plus en plus dans des projets télévisuels (Martin Sheen, Geena Davis pour ne citer qu'eux), pour faire partie de cet empire des séries qui émergent.

Source: Arté