Rencontre avec Jean-Pierre Michael qui interprète le commandant Marc Venturi dans la série R.I.S. diffusée sur TF1.
Comment êtes vous arrivé sur le projet R.I.S. ?
De façon très classique. J'ai quitté la comédie française en 2005. Les représentations de mon dernier spectacle "Les grelots du fou" de Pirandello se sont terminées en février. J'ai passé et raté quelques castings comme tous les comédiens puis je me suis finalement retrouvé sur le casting de RIS. J'ai passé des essais pour Marc Venturi, puis pour Morand, j'ai attendu, j'étais sur le point de signer une tournée théâtre avec Laetitia Casta lorsque enfin on m'a proposé R.I.S. Je n'ai pas hésité.
Décrivez nous votre personnage, Marc Venturi ?
Au moment où la série commence, c'est un homme blessé, qui a perdu sa femme dans des conditions étranges et qui n'a jamais pu faire son deuil. On sait juste qu'il n'était pas le même avant ce drame. J'espère qu'on en apprendra plus sur son passé au fur et à mesure des épisodes. Il y a de quoi faire. Il a une conscience professionnelle et un savoir encyclopédique. C'est un scientifique de haut niveau spécialisé dans la génétique et l'ADN.
Sa rigueur et son exigence confinent parfois à la dureté et l'asociabilité mais je lui construis une carapace qui n'est qu'une surface. C'est un chaos d'émotions à l'intérieur et c'est ce qui me plait...
Vous sentez-vous proche de votre personnage ?
Sous certains angles oui. Dans l'approche professionnelle, dans l'implication et dans le perfectionnisme, mais heureusement j'arrive à sourire plus que lui. Et je m'amuse certainement bien plus...
Quel est pour vous et pourquoi, l’épisode de la saison 1 qui vous a le plus marqué ?
Je ne peux vous parler que d'un point de vue d'acteur. Je suis habitué aux scènes de théâtre donc aux décors reconstitués, aux salles fermées. Là pendant ces deux saisons j'ai été confronté aux décors naturels, à la rigueur différente de la caméra et de la technique qui prend le pas souvent sur l'élan du jeu. J'ai donc re-découvert mon métier différemment chaque jour.
J'avoue pourtant avoir un faible pour les scènes où physiquement l'implication est plus importante, c'était de vraies bulles d'air. Rentrer dans la peau d'un héros fait souvent rejaillir des émotions d'enfants liées au jeu. Et je me suis retrouvé souvent à me dire que finalement je n'étais pas loin de ce plaisir enfantin. Je joue...
Maintenant, du point de vu du scénario, la fin de la saison 1 est évidemment un point d'orgue important parce qu'elle ouvrait sur beaucoup de possible. C'était très excitant à faire.
Quels vont êtres les moments forts de cette deuxième saison ?
Les pistes lancées dans la saison 1 vont être suivies tout au long de la seconde. Il n'y aura pas d'arc aussi prégnant que le Bomber, mais l'enquête se poursuit et il y aura des révélations. Les interactions entre chacun d'entre nous vont aussi se développer. Personnellement, la carapace de Marc Venturi va être très attaquée et mise à rude épreuve. Chacun va avoir son histoire qui grandit et se développe. Je crois que le dosage est très bon.
Que pensez vous de la comparaison avec la série LES EXPERTS ?
Qu'elle est inévitable et récurrente. Elle servira toujours aux détracteurs automatiques et programmés à ne nous trouver que des défauts. Mais souvent, si on est honnête, il y a des épisodes très légers scénaristiquement dans Les Experts. Ils se rattrapent avec l'image, donc les moyens. On ne peut pas se battre dans la même cour. Tout est tourné en 35 mm, c'est du cinéma pour la télé. Ils ont des équipes techniques énormes, des moyens humains et techniques qui nous sont inabordables. Et pourtant je trouve malgré ce que chacun pourra dire que nous nous en sortons très bien. Mais Rueil-Malmaison fait moins rêver que Vegas ou Miami et nous partons avec des handicaps de principe qui sont injustes. Nous apprenons tous, l'important étant de progresser. Et je crois que c'est aussi avec des séries comme R.I.S. que la France va refaire son retard qualitatif.
Prêt pour une troisième saison ?
Quelques jours de vacances d'abord. Ensuite j'imagine que la diffusion de cette seconde saison sera très importante pour augurer de la suite. Nous verrons bien. Sur le papier, je serais très heureux de repartir pour une nouvelle saison avec l'envie encore une fois de faire mieux.
Êtes-vous un enfant de la télé si oui que regardez vous ?
Totalement, mais frustré parce que le temps qui me reste ne me permet pas d'en profiter. Alors je me tourne vers les DVD que je peux consommer à mon rythme. Je suis depuis juin sur 24 Heures Chrono (c'est vous dire le retard que j'ai pris) et je n'ai toujours pas attaqué la saison 4! Sinon je pioche et je zappe.
Vous doublez aussi pour le cinéma et la télévision, vous continuez dans ce domaine ?
Mon métier ne se résume pas à R.I.S. et je compte bien l'exercer dans tous les domaines, alors oui, bien sur je continue le doublage même le soir ou le week-end si j'y arrive. J'ai terminé Brad Pitt dans "Babel" il y a peu et Jude Law dans "The Hollyday" ainsi que Ben Affleck dans "Hollywoodland". Ces deux films doivent sortir bientôt.
Normalement je m'attaque à la série "Heroes" et à un acteur que je double depuis longtemps, Adrian Pasdar, bientôt, mais ça reste à confirmer...
Vos prochains projets ?
J'ai des projets de théâtre qui flottent ainsi que d'autres tournages, mais tout reste suspendu à mes disponibilités et donc à R.I.S. pour le moment, patience...
Propos recueillis par JEROME PERRIER alias Jegore