On l’avait quittée en maniaque trentenaire délicieusement drôle, on l’a retrouve en quadra cynique, éditrice en chef du tabloïd le plus trash de Los Angeles, DirtNow.
En effet, Courtney Cox Arquette, l’inoubliable Monica de Friends tient depuis le 2 janvier 2007 sur la chaîne du câble américain FX le premier rôle d’une série crée par Matthew Carnahan, Dirt, qu’elle co-produit via sa société de production Coquette fondée en 2004 avec son mari David Arquette.
Courtney Cox joue le rôle de Lucy Spiller, une pro des people ne reculant devant rien pour découvrir leurs secrets sulfureux et décrocher une exclusivité, quitte à les piéger elle-même pour l’obtenir, les créer de tout pièce ou soudoyer leurs proches. Ces derniers, souvent aux premières loges pour connaître les juicy news qui seront ensuite placardées en une de DirtNow se révèlent très utiles.
Parmi le cast de la série, seule Laura Allen est connue du public français, notamment pour son rôle de Lily dans les 4400. Les autres acteurs ont eu de petits rôles dans des séries ou au cinéma mais aucun ne sont resté dans les mémoires.
L’univers de la série est à l’image de son titre, Dirt, c‘est à dire un peu malsaine, dans laquelle toutes les débauches du monde des acteurs et de la presse à scandale sont ostensiblement dénoncées.
Il faut aller au-delà des deux premiers épisodes pas très bien réalisés et au scénario assez faible pour trouver de l’intérêt à la série. Les personnages sont tellement cyniques, barjots et plein de vices, qu’il est difficile de les trouver sympathiques.
En effet, autour de Lucy Spiller gravitent Don Konky (Ian Hart), photographe schizophrène, ami d’enfance de Lucy, Holt McLaren (Josh Stewart) acteur au creux de la vague qui va en quelque sorte vendre son âme au diable en échange d’un peu de publicité pour relancer sa carrière, Gibson Horne (Timothy Bottoms) patron de presse qui ne pense qu’aux bénéfices, Garbo (Carly Pope) dealeuse lesbienne qui fournit le Tout Hollywood, Leo Spiller (Will McCormak) décorateur homo, frère de Lucy, Julia Mallory (Laura Allen) actrice au sommet de sa carrière complètement accro à la drogue, Brent Barrow (Jeffrey Nordling) chef de publicité du tabloïd un peu pervers sur les bords et très attirés par les jeunes collaboratrices de la rédaction, et enfin Willa McPherson (Alexandra Breckenridge), jeune journaliste du tabloïd au dents longues.
Tout ce petit monde évolue donc à Hollywood, où tous les coups bas et les excès sont permis. La série porte un regard très dur sur l’envers de la vie glamour des acteurs relatée dans la plupart des magazines dans le monde, car derrière cette image clean de la succès story et de l’argent, la réalité se révèle bien plus « dirt » où le sexe et la drogue (sans le rock’n’roll) sont le quotidien du monde du cinéma. Cette dénonciation, probablement exacte et à peine exagérée met un peu mal à l’aise, comme si Courtney Cox était amère de son après–friends. En effet, depuis l’arrêt de Friends, après 10 années d’énorme succès, on ne l’a pas beaucoup vue sur les écrans, et jouer le rôle d’une personne peu scrupuleuse qui fait ses choux gras des traversées du désert des acteurs (entre autres), apparaît comme du vécu pas très bien assumé.
De plus, les scènes de cul, à la limite de la pornographie sont très nombreuses dans la série. Une ou deux en passant comme ça pour servir l’intrigue ne fait pas de mal mais au moins cinq par épisodes, cela fait un peu beaucoup, et tous les sujets sont abordés (seul, à deux, trois ou plus si affinités et je vous épargne les détails). C’est là qu’on reconnaît que la série est diffusée sur le câble où bousculer le puritanisme américain est toléré. Sex and the City a été la première série à aborder aussi crûment les relations entre hommes et femmes ouvrant ainsi un boulevard aux autres séries. Mais là où Sex and the City était sur le ton de la comédie, Dirt est sur un ton tout à fait sérieux, ce qui donne parfois l’impression de regarder un film porno plutôt qu’une série et à la longue c’est lassant. Courtney Cox a ainsi trouvé un rôle aux antipodes de son rôle de Monica puisqu’on la voit très souvent dénudée ou dans des positions scabreuses.
Passés ces deux points faibles et oublié le rôle comique de Courtney Cox dans Friends qui quoi qu’elle fasse lui collera à la peau, la série gagne en qualité au fil des épisodes. Les scénarios s’étoffent, la vie personnelle des personnages est de plus en plus fouillée (on apprend que Lucy Spiller a découvert à 15 ans son père pendu dans le salon de leur maison qui expliquerait son côté froid et calculateur dans son travail et sa relation avec la gent masculine) et les interactions entre les personnages secondaires sont plus intéressantes.
Le public américain semble d’ailleurs approuver puisque la série marche très bien aux Etats-Unis. Le dernier épisode de la 1ère saison de Dirt est attendu pour le 27 mars. Les fans de la série et les nostalgiques de Friends en font déjà beaucoup de bruit puisqu’il accueillera en guest Jennifer Aniston, réunissant ainsi pour la première fois à la télévision depuis l’arrêt de Friends les deux actrices, amies dans la vie. Outre cela, l’apparition de Jennifer Aniston dans le rôle de Tina Harrod, éditrice en chef d’un tabloid concurrent de DirtNow devrait être remarquée, puisque l’on parle d’un baiser entre son personnage et celui de Lucy Spiller !
Ce dernier épisode promet donc de faire jaser et d’exploser tous les scores d’audience !
En France, pour l’instant, aucune chaîne n’a revendiqué être intéressée pour racheter la série. On saura probablement cela à l’issu du festival de la télévision qui aura lieu comme chaque année en juin à Montecarlo. Une chaîne du câble semblerait un choix plus judicieux pour diffuser la série qu’une grande chaîne généraliste mais l’avenir nous le dira. To be continued.